ô lake – home

« Home », le nouvel album de Ô Lake est sorti le 6 février 2026 sur toutes les plateformes de streaming.

D’abord il y a cette photographie en noir et blanc. Celle d’un ciel d’été et de sa lumière franche surplombant un jardin. Mais comme souvent chez Ô Lake, la simplicité des images et des notes n’est qu’apparente : le cliché est pris depuis un intérieur clair-obscur et la scène est filtrée par une fenêtre embuée. Comme un écho aux 9 pièces de ce nouvel album qui se situent elles aussi à quelques mètres de l’été.
Sylvain Texier offre sans doute ici son œuvre la plus touchante. Comme si tous ses projets passés convergeaient vers ce sommet d’émotion et d’épure. Un piano et rien d’autre pour dire mieux que les mots la simultanéité de sentiments, les entre-deux, la mélancolie et l’apaisement (Dor, Saudade).

Pour autant cette ascèse instrumentale n’est jamais hermétique et si la démarche est radicale, elle est avant tout organique. Dès le Prélude en ouverture on est ainsi frappés d’entendre le feutre des marteaux, le bois, le bruit des pédales ; un choix de production – aujourd’hui presque politique – favorisant l’humain, la vie et ses accidents.

Sylvain Texier parle à l’oreille des fantômes (à moins que ça ne soit l’inverse) et propose avec Home une célébration de l’invisible, de l’indicible et du less is more. Mais bien que dénudés, ces thèmes gardent espoir et finissent presque toujours par regarder vers l’azur, vers ce Midsommar – littéralement le milieu de l’été – qui les attend juste à côté. Derrière la fenêtre embuée.